Le rock'n'roll ; viol de la conscience par les messages subliminaux - 1983/94

Auteur :

Jean-Paul REGIMBAL

 

 

Photos :

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Nombre de Pages :

100

Publication :

Croisade - Presence Production

Particularités :

revue et completée en 1994

Compléments :

bibliographie des sujets approchants

Le Père Régimbal et sa troupe (sa secte?) de pseudo-religieux nous dressent ici un tableau du heavy metal qui pourrait être effrayant s'il n'était constitué d'un tissu d'âneries.
Ce groupe d'attardés ne juge que sur les apparences, les on-dit et diabolise à tour de bras notre chère musique qui est, selon lui, tout droit "sortie des entrailles de l'enfer" ! En effet, "on n'écoute pas le hard rock : on y est noyé selon un rituel de sexe, de perversion et de révolte".
Pour étayer sa thèse, Régimbal déballe des tas d'exemples qui tombent tous à plat par manque d'une argumentation sérieuse ou de culture rock.
Ainsi KISS est-il classé dans les groupes punk et c'est Pete Townshend qui a inventé le "beat métallique" ; pourquoi lui plus que Tony Iommi ou John Bonham ? Mystère...
Qui pourrait adhérer sérieusement à une seule des thèses développées dans ce torchon? Selon le gaillard, les métalleux se repaissent de sang et, en concert, "assomment des spectateurs au moyen de bracelets hérissés de clous et de poinçons".
Comment les groupes s'y prennent-ils pour amener leurs fans à de telles extrémités? Par la musique dont (naturellement) la violence flatte les plus bas instincts, mais aussi par les paroles et les messages subliminaux qui s'y cachent.
Vous l'ignoriez peut-être, innocentes brebis, mais KISS "compose systématiquement des hymnes à Satan "! Il est vrai qu'en écoutant "Forever", "Shandi" ou "I was made for lovin' you", on sent bien la patte de Lucifer tirant les ficelles.
En ce qui concerne les messages subliminaux, il s'en trouve un au milieu de la célèbrissime "Stairway to heaven" : "I've got to live for Satan (il faut que je vive pour Satan)" entend-on lorsqu'on écoute le disque à rebours ! Et le refrain de "Another one bites the dust" de Queen ne cache-t-il pas une ode aux drogues douces ? "Start to smoke marijuana": voilà ce que cache le titre de la chanson si on le passe à l'envers .
Et quel est le résultat d'une écoute intensive de ces rythmes barbares et de ces paroles bestiales? Régimbal nous le dit clairement : "irritabilité, esprit de révolte, langage obscène, propos blasphèmatoires, tendance à la violence, à l'homicide et au suicide" ! Mais les symptômes peuvent être aussi d'ordre physique puisque l'auteur affirme sans rire que nous risquons de graves traumatismes de l'ouïe ( accordons lui au moins cette possibilité là) mais aussi de la vue et de la colonne vertébrale ! Cerise sur le gateau, le hard écouté à fort volume cause un "déséquilibre des hormones sexuelles et surrénales ainsi qu'un changement radical du taux d'insuline dans le sang, de sorte que les diverses fonctions de contrôle des inhibitions morales tombent en dessous du seuil de tolérance(...)"
Mais c'est dans les solutions qu'il propose pour sauver les ados en péril que Régimbal est le plus ridicule, n'hésitant pas à se contredire dans une même phrase : "il faut FORMER les adolescents à faire des choix judicieux et LIBRES " !! "Former / libres"... y a pas comme un paradoxe là, Mon Père?
Evidemment, tout n'est pas rose au pays des guitares qui font du bruit. Oui, certains musiciens de black metal sont plus connus pour leurs incendies d'église que pour leur finesse technique. Mais est-ce une raison pour affoler les parents en publiant de telles stupidités, en faisant une généralité de quelques cas isolés?
La pilule est dure à avaler, surtout de la part de ce prêcheur ignare et homophobe. Alors, si vous tombez sur cet ouvrage, ne croyez pas un mot de ce qu'il raconte mais faites comme moi : prenez le au deuxième degré et je vous garantis de jolies crises de fou rire ! .


Swissidol - 18.11.2006